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Préraphaélisme et Mythologie Grecque

Dans un contexte où la Royal Academy de Londres imposait des conventions strictes aux étudiants, trois d’entre eux ont décidé de fonder en 1848 la Confrérie préraphaélite.

Cette confrérie avait pour but de casser ces codes et de se référer à l’art médiéval et l’art primitif italien qui selon eux autorisent plus de liberté. Pour eux le point de rupture vers l’académisme moderne se situe à partir de l'œuvre de Raphaël (1483 - 1520).

Les fondateurs de ce courant sont John Everett Millais, William Holman Hunt et Dante Gabriel Rossetti. La particularité de ce courant était de mettre un point d’honneur sur la nature, l’utilisation de couleur vives en limitant cependant les effets de profondeurs. Avec un dessin soigné, des sujets modernes sont illustrés. Cependant de nombreuses œuvres traitent toujours de sujets bibliques ou littéraires, et notamment de la mythologie grecque, sujet fare.

Cette dernière a toujours été sujet de fascination chez les peintres. Le préraphaélisme n’y fera pas exception et va accueillir de grandes œuvres traitant de sujets mythologiques. L’univers quelque peu féérique de la mythologie grecque va donc rencontrer la nature vive du préraphaélisme et laisser s’exprimer les artistes avec d’autant plus de liberté et de nouveaux codes.


Ulysse and the Sirens, Draper Herbert James, 1909

L’Odyssée d’Homère raconte le périple d’Ulysse. Suite à la guerre de Troie, il cherche à retrouver son île natale, Ithaque, sur laquelle attendent sa femme Pénélope et son fils Thélémaque. Au cours de son long voyage, il va rencontrer maintes épreuves et notamment sa rencontre avec les Sirènes. Au nombre de trois, l’une jouant de la lyre, l’autre de la flûte et la dernière chantant, elles ont un chant provoquant la joie et la connaissance mais aussi la torpeur chez les personnes les écoutant. Si bien que ces derniers peuvent mourir envoûtés. Dans l'œuvre d’Herbert Draper, on y retrouve Ulysse, attaché pour pouvoir entendre le chant des sirènes sans pour autant y laisser sa vie. Cependant, on distingue clairement ses camarades envoûtés par le chant.


The Laments for Icarus, Draper Herbert James, 1898

Il connut un tragique destin. Icare, fils de l’inventeur du labyrinthe de Dédale, est enfermé dans ce dernier. Cela fait suite à la décision du Roi Minos. Ayant appris que Dédale a révélé le secret pour sortir du labyrinthe à Ariane, le Roi condamna le génie ainsi que son fils à errer dans dans ce dernier. Cependant le père n’étant jamais à court d’idée décide de fabriquer des ailes pour lui et son fils afin de s’échapper. Dédale avait prévenu Icare de ne pas voler trop haut. Cependant, son fils trop orgueilleux ne fait pas attention aux conseils de son père. Il monta si haut et si près du soleil que la cire fondit et retomba aussitôt dans la mer. Elle fut alors baptisée la mer Icarienne. Dans ce tableau on peut observer le corps d’Icare, mort, entouré de nymphes se lamentant. Les ailes d’Icare sont basées sur le motif de l’oiseau du paradis.



The Pearls of Aphrodite, Draper Herbert James, 1907





A l’époque de l’Antiquité grecque, la perle était surnommée “Larmes d’Aphrodite” en référence à la déesse de l’amour et de la beauté. Cela fait référence au fait qu’elle serait née de l’écume des mers sous une pluie de gouttelettes qui, en se cristallisant, sont devenues des perles.



















Hylas and The Nymph, John William Waterhouse, 1896

Hylas, fils de Thédamas parti dans l’aventure des Argonautes à la conquête de la toison d’or aux côtés de Jason et d’Héraclès en tant qu’écuyer. Au cours d’une péripétie, ils décidèrent de faire accoster le bateau sur la plage au bord d’un fleuve. Lors du dîner préparé pour ce soir-là, Héraclès se rend compte qu’Hylas, parti chercher de l’eau, avait disparu depuis des heures. Tout le monde partit à sa recherche mais en vain. Il a été enlevé par les nymphes du lieu qui, éprisent de sa beauté, l’entraînent dans les profondeurs à jamais.


Apollon et Daphnée, John William Waterhouse, 1908

Daphnée, nymphe et fille du dieu fleuve Pénée, fut la victime d’une querelle entre dieux. Eros, dieu de l’amour, a été moqué par Apollon, dieu de la musique et du chant et de la beauté masculine. Pour se venger, il décoche simultanément deux flèches, une en or sur le dieu, qui le rend fou amoureux de Daphnée. L’autre en plomb sur la nymphe, qui lui inspire du dégoût pour son amour. Fou d’amour, Apollon se met alors à la poursuivre. Celle-ci, épuisée, demande à son père de lui venir en aide. Il métamorphose donc sa fille en laurier.




The Nymph Callisto, Edward Robert Hughes, 1899

Callisto, nymphe faisant parti de la suite d’Artémis, déesse de la chasse, connue aussi un tragique destin. Sous une stricte chasteté, elle tomba dans le piège de Zeus qui, pour la séduire, pris les traits d’Artémis afin de ne pas éveiller sa méfiance et s’unit à elle. Elle tomba alors enceinte et cherche à le cacher mais la déesse découvre la supercherie. Elle entra alors dans une vive colère et la chassa de sa suite. Héra, femme jalouse de Zeus, décida aussi de punir Callisto en la transformant en ourse, la condamnant à trouver refuge dans la montagne. La nymphe avait un fils, qui quinze ans plus tard lors d’une chasse tomba nez à nez avec sa mère. Ne la reconnaissant pas, le fils décocha une flèche en direction de Callisto. Cependant Zeus ne permit pas qu’il lui porte le coup fatal. Il les fit enlever tous les deux pour les placer dans le ciel où ils forment les constellations de la petite et la Grande ourse.


Circé, John Collier, 1885

Circé est une très puissante magicienne, fille d’Hélios et de l’océanide Perséis. Elle habite l’île Eea, sur laquelle ont abordés Ulysse et ses compagnons. Le mythe raconte qu’ils se sont laissés attirés par une voix harmonieuse jusqu’au palais. La magicienne les accueille et leur offre un cycéon, une boisson dans laquelle un poison est ajouté. Dès qu’ils ont bu, elle récite une incantation qui les transforment en porc. Euryloque, resté à l’extérieur, court prévenir Ulysse qui était resté sur la plage. Ils partent alors à la recherche de Circé et se font surprendre par Hermès, dieu messager, qui donne à Ulysse des conseils pour contrer la magie de Circé. Arrivé chez la magicienne, il est accueilli comme ses compagnons sauf qu’il a mélangé son breuvage à une plante magique, ce qui lui permet de ne pas être transformé. Circé, surprise, se fait sauter à la gorge par Ulysse qui menace de la tuer si elle ne rend pas la forme humaine à ses camarades. Elle accepte, en échange qu’il devienne son amant.


Penelope, Dante Gabriel Rosseti, 1869





Pénélope est la fille d’Icarios et de la nymphe Périboea. Elle épousa Ulysse et attendit son retour pendant 20 ans tout en repoussant les avances de tous les prétendants qui la courtisaient et pillaient.







Orpheus and Eurydice, Frederic Leighton, 1864

Orphée avait reçu de sa mère le don de la musique, alors les dieux lui avaient fait cadeau d’une lyre. Il se prit d’amour pour la belle Eurydice. Leur mariage était une fête, mais Eurydice fut mordue par un serpent et mourut sur le coup. Orphée, désemparé et ne pouvant accepter la mort de son épouse décida de se rendre aux enfers pour supplié Hadès de lui rendre sa bien-aimée. Le roi des enfers et son épouse Perséphone acceptèrent à une condition : tant qu'il serait dans le Royaume des morts, Orphée ne chercherait pas à voir celle qu'il était venu quérir. Le jeune homme acquiesça avec joie et se mit en marche, ils allaient enfin quitter les Enfers. Mais, tandis qu'il songeait au bonheur qui les attendait, le jeune homme oublia sa promesse, et il se retourna pour contempler Eurydice. Elle retomba alors aussitôt dans les abîmes. Plusieurs versions du récit existent, et notamment une dans laquelle Eurydice poussa son amant à la regarder.


Clytie, Evelyn De Morgan, 1887




Clytie était une des Océanides, fille d'Océan et Téthys. Son histoire est racontée par Ovide, elle est aimée d'Hélios mais ensuite supplantée par Leucothoé. Elle en référa alors au père de cette dernière, Orchamos, qui punit sa fille pour l'avoir déshonorée en l'enterrant vivante. Le dieu du soleil essaya de la secourir, mais en vain. Il arrosa la terre et le corps de son amante d'un nectar parfumé : il en naquit l'encens. Mais au lieu de permettre à Clytie de regagner l'amour d'Hélios, la mort de Leucothoé ne lui rapporta que le ressentiment de celui-ci. Désespérée, elle s'assit nue sur les rochers et y demeura durant neuf jours, sans eau ni nourriture, tournée vers le soleil, suivant du regard la course du char de son bien-aimé. Jaunie et brunie par son éclat, elle se changea alors en tournesol.






Cadmus and Harmonia, Evelyn De Morgan, 1877

Harmonie est la fille des dieux Arès et Aphrodite. Quand Athena mit Cadmos sur le trône de Thèbes, Zeus lui accorda comme épouse Harmonie.

Après bien des réticences, Harmonie accepte d'épouser Cadmos, devenu roi de Thèbes. Le mariage de Cadmos et d'Harmonie est célébré lors des mystères de Samothrace. Lors de ce mariage, tous les dieux sont présents. Héphaïstos, mari trompé d'Aphrodite, offre à Harmonie un collier qu'il a fabriqué lui-même, tandis que les Charites lui offrent un péplos. Ces cadeaux portent ensuite malheur à tous leurs propriétaires successifs.

Leurs filles, Ino, Sémélé, Autonoé et Agavé sont victimes de catastrophes. Cadmos et Harmonie engendrent également deux fils, Illyrios et Polydore. Ce dernier hérite du royaume de Thèbes. Cadmos finit par abdiquer en faveur de Penthée, mais revient ensuite au pouvoir après la mort de ce dernier. Harmonie et Cadmos se retirent en Illyrie où ils sont transformés en serpents et transportés par Zeus parmi les bienheureux des Champs Élysées.




The flight of Boreas with Oreithyia, Charles William Mitchell, 1893





Borée, personnification du vent du nord, s’éprit d'Orithye, fille du roi d’Athènes Erechthée. Cependant le père de la princesse s’opposa à cette union en raison de sa haine pour le peuple du nord. Alors un jour, Borée surgit dans une bourrasque et enleva Orithye, alors qu’elle jouait avec ses soeurs au bord de la rivière Ilios







Et c'est la fin de notre voyage mythologique. Les préraphaélites ont marqué leur temps et ont apportés beaucoup au monde de l'art. La littérature a été une grande source d'inspirations pour eux aussi au travers d'œuvres comme Hamlet.


Cet article a été pensé et composé comme une Exposition. S'il porte un quelconque intérêt je suis ouvert à toute proposition.



Sources:

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Ryan Jhider
Ryan Jhider
23 abr 2023

Cette histoire est vraiment passionnante

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